« Décideurs, vous n’êtes pas sortis de l’auberge ! »

A propos du chantier de rénovation du Liminbout.

Le 10 août prochain, au village du Liminbout, sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes débutera un grand chantier public de rénovation. Depuis des années, le destin de ce village voué à la
destruction est suspendu aux plans sans cesse chamboulés du projet d’aéroport. Ses habitants refusent de quitter les lieux et sont parties prenantes du mouvement de lutte.

Dans ce village qui résiste, vit notamment la famille Herbin. Attenant à sa maison d’habitation, il y a une ancienne écurie. Les deux bâtiments ont fait l’objet d’un permis de démolir. La mairie de
Notre-Dame-des-Landes ayant refusé de le délivrer, la préfecture a dû passer en force. Aujourd’hui, suite à une décision de justice rendue le 14 mai dernier, cette famille est expulsable sous 18 mois. Pour autant, elle n’entend pas quitter les lieux de sitôt !

A l’heure où le préfet brandit la menace d’une intervention sur la zone, à la veille du rendu d’un recours juridique décisif, à quelques mois de la Conférence mondiale sur le climat à Paris, il est plus
que jamais nécessaire de réaffirmer notre commune détermination face à ceux qui persistent à vouloir faire de ce bocage un désert et qui entrainent le monde à sa perte.

Ce chantier de rénovation, public et collectif, mêlant squatteurs et artisans des alentours, est l’occasion de démontrer que nous pouvons entretenir, rénover et faire vivre ce lieu qu’ils veulent
détruire. Mais surtout que nous sommes prêts en cas de tentative d’expulsion à le défendre avec acharnement. Le chantier concerne le bâtiment attenant à la maison d’habitation de la famille
Herbin. Le plan, c’est de rénover la charpente, de refaire le plancher, d’adjoindre des appentis au bâtiment, de refaire la couverture en ardoises, afin d’y installer une conserverie, une cuisine, ainsi qu’une grande salle de banquet à l’étage…

Ce chantier appuyé par le mouvement dans toutes ses composantes, s’inscrit dans la longue série de constructions et de reconstructions engagées depuis la fin de l’opération César. La ZAD est le théâtre d’un foisonnement de d’autoconstructions sauvages : de la petite cabane en récup’ au hangar du rosier acheminé en tracteur depuis la Bretagne. Cet hiver, une étape supplémentaire a été franchie dans ce processus avec la coupe collective de bois d’oeuvre destinée aux différents chantiers de la zone. A partir du 13 juillet, une scierie mobile vient sur la ZAD afin de débiter ce
bois. L’auberge du Liminbout sera en partie construite grâce à cette ressource.

Avec ou sans droit ni titre, avec ou sans sommation, nous ne partirons pas ! Le Liminbout restera debout, quoi qu’il en coûte. Si le préfet sort du registre de la gesticulation et de la menace
pour passer à celui de l’action, il verra bien assez tôt de quel bois on se chauffe… Qu’il se souvienne qu’un certain 16 octobre 2012, à 10 heures, tout n’était pas «terminé» comme l’affirmait son
prédécesseur ! En réalité quelque chose commençait tout juste, quelque chose qui va bien au de là de la ZAD et du projet d’aéroport…. Quelque chose qu’aucun préfet ne pourra jamais contrôler ni comprendre.

Nous invitons toutes celles et ceux qui veulent participer à ce chantier de résistence, et marquer leur solidarité avec la famille Herbin, à une grande assemblée générale extraordinaire de soutien le 10 août prochain à 20h30 à la ferme de Bellevue.
Les Q de plombs, Les maçons du ciel et des amis…

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